Logo Reseau Rural
Accueil du site


Le prêt d'honneur : un instrument financier du FEADER qui gagne à être connu

Le prêt d’honneur : qu’est-ce que c’est ? 

Le prêt d’honneur FEADER est un instrument financier mis en place par la Région Sud, avec le soutien du FEADER, afin de faciliter l’installation et la reprise d’entreprises en agriculture. Il est mis en œuvre dans notre région avec l’appui du réseau Initiative Sud.

L’intérêt ?

Permettre au porteur de projet à l’installation ou jeune installé d’augmenter ses fonds propres et ainsi faciliter l’accès aux prêts bancaires.

Comment ça marche ?

Le prêt d’honneur FEADER est compris entre 5 000 et 30 000 € par projet. Il est accordé sans intérêt, pour une durée pouvant aller jusqu’à 7 ans (variable selon les enjeux d’amortissement selon les orientations économiques d’exploitations) avec un différé de remboursement possible de 24 mois au plus selon la nature du projet.

Le prêt d’honneur FEADER ne remplace pas un prêt bancaire, il en facilite l’obtention. Il a un effet de levier significatif : pour 1 euro de prêt d’honneur, les banques en moyenne accordent 3,80 euros de financement complémentaire.

Au moment de la présentation du projet, les candidats à l’installation doivent :

  • présenter un projet viable au bout de 3 ans (étude économique à l’appui) ;
  • ne pas être installés, ou être installés depuis moins de 3 ans à titre principal ou être déjà installés comme cotisant solidaire ou à titre secondaire ;
  • présenter un plan de financement du projet intégrant obligatoirement un prêt bancaire dont le montant doit être supérieur ou égal au prêt d’honneur.

Au moment du déblocage du prêt, les candidats doivent :

  • être installés comme chef d’exploitation à titre principal, ou secondaire ou cotisant solidaire si ce n’était pas déjà le cas au moment de la demande du prêt ;
  • avoir un plan de financement qui comporte obligatoirement un prêt bancaire d’un montant au moins égal au montant du prêt d’honneur et, si possible, un apport personnel (en numéraire ou en nature) ;
  • avoir leur siège d’exploitation en Provence-Alpes-Côte d’Azur

Retrouver toutes les infos sur le prêt d'honneur ici

Le rôle d’Initiative Sud 

Initiative Sud fait partie d’Initiative France, le 1er réseau associatif de financement et d’accompagnement des créateurs, repreneurs et développeurs d’entreprise.

Initiative Sud et ses 18 associations réparties sur tout le territoire régional proposent un financement et un accompagnement aux créateurs d'entreprise de notre région.

Initiative Sud est l’intermédiaire financier qui met en place le prêt d’honneur FEADER : elle aide les porteurs de projet à construire leur dossier, les instruit, accorde les prêts via ses Comités d’Agrément puis suit le porteur de projet tout au long de la vie de son projet.

Plus d’infos ici

Contact : Rafika LAMRIBET - rlamribet@initiative-sud.com

 

Parole donnée à Damien BAILLET, exploitant agricole à la Barthelasse (Vaucluse) 

Damien BAILLET est un paysan-programmateur qui a créé la Ferme Agriculturelle SURIKAT & CO. Une structure bio de deux hectares, située sur l'île de la Barthelasse, à Avignon, qui mêle activité de maraîchage, jardins partagés et événements artistiques. Il a bénéficié du prêt d’honneur en janvier 2021. Il développe une exploitation légumière et fruitière avec vente à la ferme, livraison auprès des restaurants et épiceries bio locales.

Pouvez-vous présenter votre activité, vos productions agricoles et les raisons qui vous ont conduit à vous installer alors que vous n’êtes pas issu du milieu agricole ?

Je m’appelle Damien, j’ai 38 ans, je suis issu d’une reconversion professionnelle, hors cadre familial et sans terre. Auparavant, j’étais directeur d’une association culturelle, « Surikat production », qui organisait des évènements culturels. Début 2018, j’ai découvert le métier de paysan grâce à un séjour dans la ferme de mon cousin en Ariège, et ce fut une révélation, c’est un des rares métiers qui associe le corps, le cœur et l’esprit : j’ai décidé de devenir paysan. J’ai alors suivi la formation ADEMA (Accès des Demandeurs d'Emploi aux Métiers Agricoles) puis le parcours « Éco-Paysan » au CFPPA Carpentras-Serres. Après un premier refus de financement du secteur bancaire et une expérience non concluante d’installation avec mon maitre de stage à l’été 2018, j’ai décidé de m’installer seul. En janvier 2019, je m’installais officiellement.

Mon projet est construit autour de deux pôles : une entreprise individuelle, où je suis agriculteur en maraichage diversifié, et une association « Surikat and Co », pour la partie animation et jardins partagés.

S’agissant de l’exploitation agricole en propre, je fais du maraîchage diversifié sur une parcelle qui fait 6 000 m2, avec 2 600 m2 de planches exploitées, sur le modèle de micro-ferme en bio intensif, c’est-à-dire avec des rotations de cultures assez importantes sur de petites surfaces. En 2019 et 2020, j’ai testé différentes parcelles et je me suis stabilisé sur la parcelle actuelle que je viens d’acheter. Mon objectif est de parvenir à 3 rotations sur une même parcelle par an !

La commercialisation de la production agricole s’effectue à la ferme en direct et, en très grande majorité, auprès des magasins bio locaux de la périphérie d’Avignon.

En ce qui concerne les autres activités, il y a une 40aine de lignes qui sont mises à disposition pour les jardins partagés et l'accueil des spectacles et animations. L’activité culturelle est à l’arrêt depuis 1 an et demi en raison du contexte sanitaire. Ces jardins partagés permettent d’assurer un revenu minimum, complémentaire à mon activité d’agriculteur.

Le choix de l’emplacement de ma ferme, sur les terres fertiles de la Barthelasse, à 10 minutes à vélo d’Avignon, était central pour développer les différents volets de mon projet : la commercialisation de ma production, les jardins partagés comme les animations culturelles.

En termes de revenus, vous parvenez à vivre convenablement ? Quel est votre modèle économique actuel ?

En 2020, un an après mon installation, j’ai pu tirer 7 000€ de l’activité agricole, une série de difficultés m’ayant forcé à arrêter la production à partir d’aout. 

Pour 2021, mon objectif est d’arriver à 20 000 € de chiffre d’affaire pour l’activité agricole. C’est ce que j’ai ciblé dans l’étude économique de mon projet et je pense l’atteindre.  

En attendant l’atteinte du rythme de croisière, je m’appuie sur d’autres sources de revenus, la location de mon appartement en saison, les jardins partagés, le RSA l’hiver (statut de cotisant solidaire à ce stade).

Il y a beaucoup d’exemples d’agriculteurs qui s’installent sur le modèle micro-ferme en bio intensif et cela fonctionne plutôt bien. Les perspectives sont très encourageantes, notamment grâce au mode de commercialisation retenu. Je suis partenaire du collectif « Paysans d’Avignon » qui a créé une sorte de centrale de vente en direction des magasins bio. Cela me garantit la vente de 100% de mes productions ! Mon « seul travail », c’est de faire pousser mes cultures.

Présentez-nous le projet pour lequel vous avez bénéficié du Prêt d’honneur ? A quel moment avez-vous sollicité ce dispositif ? Qu’est-ce que cela vous a permis de financer ? En êtes-vous satisfait ?

L’année dernière mon propriétaire s’est mis à vendre à la découpe ses terres et j’ai décidé d’acheter. Je manquais également de matériel, ayant notamment subit des vols. Ma conseillère à Initiative Terre de Vaucluse m’a proposé de relancer une demande de financement en août 2020. Et cela a marché : j’ai obtenu deux prêts pour un montant total de 48 000€, 24 000 € de prêt d’honneur FEADER émanant de la Région, BPI et Initiative Sud et 24 000 € du Crédit Agricole.

Cela m’a permis de financer une partie de l’achat de la terre, du matériel (motoculteur) et des plants. Je prévois d’autres investissements comme l’achat d’un système de 4 panneaux solaires qui vont alimenter une pompe électrique traditionnelle ou encore l’acquisition d’un nouveau tracteur. 

Je n’avais pas connaissance du dispositif de prêt d’honneur FEADER. C’est ma conseillère d’Initiative Terre de Vaucluse qui m’en a parlé. Sans le prêt d’honneur, mon activité aurait pu s’arrêter ! 

Cette fois, ma demande n’a pas essuyé de refus et il n’y a eu aucun blocage. Nous avons attendu début janvier 2021 pour déposer le dossier, le temps que les nouvelles règles du prêt d’honneur FEADER s’appliquent. C’est d’ailleurs une excellente chose d’avoir fait évoluer le dispositif, maintenant il est ouvert à tous, jusqu’à 3 ans après l’installation. Auparavant, il était limité à la première année d’installation et c’était bloquant. Le fait que le prêt d’honneur FEADER soit considéré par la banque comme un apport en fond propre change tout !

Il y a un différé de paiement de 24 mois entre le moment où le prêt est accordé et le moment où le bénéficiaire rembourse le prêt. Cela va me permettre de me préparer à l’échéance du remboursement. 

Comme vous projetez-vous ? 

 Actuellement, je suis installé comme cotisant solidaire. A terme, mon objectif c’est de travailler comme agriculteur à titre principal. Pour cela, il faut que je me prouve que je peux dégager 20 000 € de chiffre d’affaires par an. Cette année, c’est l’année de tous les défis, et ça se passe bien pour l’instant : pas de cas de maladie sur les légumes, la commercialisation va démarrer la semaine prochaine ou dans 15 jours, les magasins sont en attente de mes produits. Je récolte ce que je vends !